jeudi 7 juin 2018

Dessins de Roland Caillaux



J'ai trouvé récemment une série de petites photos qui reproduisent les illustrations de Vingt lithographies pour un livre que j'ai lu, paru en 1945 avec des dessins de Roland Caillaux et des textes de Jean Genet.


J'imagine que ce tirage permettait de disposer de ces dessins très érotiques sous un format plus maniable et plus accessible, en cas de nécessité...

On y retrouve les grandes gravures que j'ai reproduites dans le message que je lui ai consacré : cliquez-ici. En supplément, on y trouve la photo d'un très beau dessin, absent du recueil. C'est cette image de deux garçons que j'ai placée en tête de ce message.

samedi 2 juin 2018

Jean Boullet et Jean-Christophe Averty

Il y a quelques années, je présentai un dessin de Jean Boullet, qui appartenait à un projet d'illustration d'Un Songe d'une nuit d'été (cliquez-ici) :



A l'occasion de la vente des collections de Jean-Christophe Averty, je viens de découvrir que la plupart des projets d'illustrations de ce texte de Shakespeare appartenait à ce célèbre animateur de télévision. Ils sont en vente le 11 juin prochain. Le catalogue donne un aperçu de ces dessins :



Petite satisfaction d'amour propre, la notice du catalogue fait une référence directe à ce blog et au message que j'avais alors publié :

mardi 8 mai 2018

Académies d'hommes, de Charles Léandre (1862-1934)

Une belle série d'académies d'hommes, par l'illustrateur Charles Léandre, plus connu pour ses caricatures. Je termine ce billet par un autoportrait de l'artiste. On remarquera les poses parfois fort peu naturelles que l'on faisait prendre à ces modèles. J'imagine que c'est dans un but pédagogique pour que les élèves de Beaux-Art se familiarisent avec toutes les possibilités qu'offre le corps humain et, dans ce cas bien précis, le corps masculin.









mardi 1 mai 2018

Glanes

Une illustration de Raymond Carrance pour La Ville dont le Prince est un enfant, de Montherlant (1967).


Quant à ce tableau anonyme datée des années 1820, il nous rappelle combien la peinture néo-classique a été homo-érotique. Un érudit qui voudrait s'attaquer à un recensement et à une analyse de tous les tableaux de cette période esthétique se confronterait à un continent presque sans fin à explorer. A ma connaissance, ce travail n'a pas été entrepris, ni même esquissé.

 
Ce mouvement n'est évidemment pas seulement français. Au hasard de mes glanes internet, j'ai trouvé ce tableau du peintre espagnol José Aparicio (1770-1838), peint en 1811, à Rome : Socrate enseignant.


Sur la tablette, il est écrit : Consiglio ad un giovane poeta dialogo socratico recitato nelle adunanza della' Arcadia, que l'on peut traduire par : Conseil à un jeune poète, dialogue socratique récité lors de l'assemblée d'Arcadie.

Ces numismates sont bien tendres entre eux (et fort peu habillés) au moment d'observer la médaille que tient ce musculeux jeune homme.


Il s'agit d'une médaille éditée par la Société des Amis de la Médaille Française, en 1901, pour commémorer la récente fondation (1899) de la société. Ces 4 hommes représenteraient des graveurs connus à leur époque. Sur la face, le personnage féminin en train de dessiner n'est guère plus habillée.

jeudi 19 avril 2018

Si le grain ne meurt, André Gide, 1924

Mais, saisissant la main qu'il me tendait, je le fis rouler à terre. Son rire aussitôt reparut. Il ne s'impatienta pas longtemps aux nœuds compliqués des lacets qui lui tenaient lieu de ceinture; sortant de sa poche un petit poignard, il en trancha d'un coup l'embrouillement. Le vêtement tomba; il rejeta au loin sa veste, et se dressa nu comme un dieu. Un instant il tendit vers le ciel ses bras grêles, puis, en riant, se laissa tomber contre moi. Son corps était peut-être brûlant, mais parut à mes mains aussi rafraîchissant que l'ombre. Que le sable était beau! Dans la splendeur adorable du soir, de quels rayons se vêtait ma joie!...
Ce beau texte est extrait du livre le plus personnel d'André Gide, du moins de mon point de vue. Si le grain ne meurt a d'abord paru dans un petit tirage confidentiel et privé de 12 exemplaires pour le premier volume en 1920 et de 13 exemplaires pour le deuxième volume en 1921. Quelques années plus tard,  André Gide se décida à le rendre public. C'est un exemplaire de cette première édition publique, de 1924, en 3 volumes, que j'ai eu le plaisir d'acquérir dans une belle reliure de Devauchelle. Un beau texte, qui me touche, dans un beau tirage, recouvert d'une belle reliure, que demander de plus ?


Pour ceux qui veulent en savoir plus sur la première édition, la fiche de ce libraire (en anglais) présente un des rares exemplaires : cliquez-ici.

mercredi 4 avril 2018

Jacques d'Adelswärd-Fersen, l'insoumis de Capri, de Jacques Pérot et Viveka Adelswärd

J'ai souvent eu l'occasion de parler de Jacques d'Adeslwärd-Fersen sur ce blog, une des belles personnalités de notre histoire homosexuelle. Jusqu'à maintenant, il n'existait pas de biographie directement accessible. L'Exilé de Capri de Roger Peyrefitte ne pouvait pas être considéré comme une source fiable. Au mieux, peut-on la lire quand on aime le style (fort vieilli) de Peyrefitte.


Cette lacune est maintenant comblée grâce à la belle biographie de Jacques Pérot et Viveka Adelswärd : Jacques d'Adelswärd-Fersen, l'insoumi de Capri, qui vient de paraître. 

C'est une biographie documentée, précise, qui obéit aux règles actuelles du genre : des faits vérifiés et sourcés, des travaux de recherche documentaire, un écriture précise. J'aime ce type de biographie qui pourrait paraître froide (ce que certains ont appelé des biographies notariés...). Dans le cas présent, ce récit de la vie de Jaques d'Adelswärd se lit avec plaisir grâce à l'élégance et la fluidité du style.

Mais au-delà de ces commentaires de forme, cette biographie apporte plusieurs éléments nouveaux qui enrichissent notre connaissance de la vie du baron comme la correspondance inédite de son cousin Adolf qui permet de voir "de l'intérieur" la perception de l'affaire par sa famille ou des textes inédits, comme celui qui permet de confirmer que Fersen se serait suicidé.

A la différence de la majorité des biographies d'écrivains, les auteurs ont fait le choix de publier de nombreux extraits de textes de l'auteur, soit pour appuyer des faits de sa vie (Jacques d'Adelswärd s'est beaucoup raconté), soit pour illustrer ses sentiments ou ses pensées, soit, tout simplement, pour faire découvrir ses œuvres. Excellente initiative qui permet au lecteur de découvrir l'œuvre de Fersen. En effet, ses livres sont difficilement accessibles et peut-être que tout le monde n'a pas le temps (et parfois le courage) de découvrir les beaux textes de Fersen au sein d'une production abondante.

Ce beau portrait de l'adolescent Milès orne le dernier chapitre du bel ouvrage de Jacques d'Adelswärd-Fersen :
Le Baiser de Narcisse, 1912, illustré par Ernest Brisset.

J'aurais peut-être aimé qu'une place plus grande soit faite à la revue Akademos, même si un chapitre entier lui est consacré. En effet, il faut toujours répéter que c'est la première revue homosexuelle française, même si elle n'était pas que cela (récemment, on a essayé de lui retirer ce privilège d'antériorité au profit d'Inversions, autre revue méritoire). Mais c'est peut-être que j'aurais voulu un livre plus militant, mais ce n'était pas le propos des auteurs, ce qui est probablement mieux. Pour rester dans cette thématique, j'ai beaucoup apprécié la mise en valeur et la reconnaissance de la belle relation ente le baron et Nino, cet amour qui a traversé les années. Bel exemple de fidélité.

Sur cette photo peu connue, récemment publiée par les éditions Quintes-Feuilles (voir commentaires),
on y voit Nino Cesarni à gauche et Jacques d'Adelswärd à droite. La troisième personne n'est pas identifiée.



vendredi 16 mars 2018

Glanes

Mais que regardent ces tendres jeunes gens ?


Est-ce ce bel homme musculeux?


Il semblerait bien que oui :


Mais de quoi s'agit-il ?

Jean-Jacques Lagrenée (Paris 1739 - 1821) : Archimède sortant du bain


Les hasards des ventes aux enchères nous donnent d'autres occasions de belles découvertes. Ce ne sont pas toujours des chefs d’œuvre, mais ce sont souvent des occasions de découvrir comment le corps masculin a toujours été mis à l'honneur dans le temps, souvent sous des prétextes historiques, mythologiques ou ethnologiques.

Par exemple, ce fort médiocre tableau du XIXe siècle, vendu récemment à Lyon, réserve quelques bonnes surprises sur l'image qu'un peintre néo-classique anonyme pouvait avoir du corps masculin.

Le vue complète du tableau nous permet de découvrir quelques images surprenantes :

École française du XIXe siècle : La porte des enfers, " discite justitiam moniti " (Enéide, Livre VI)

Mais voyons les détails :




Est-ce l'Apollon callipyge ?

J'en profite pour présenter quelques glanes un peu anciennes :

Remarquez le déhanché de ce torse d'Apollon !



Arthur Dupagne (1895 - 1961) : Piroguier






 Charles-Alphonse Combes (1891-1968) : La danse du feu

 Francesco Salviati (Florence 1510 - Rome 1563)