lundi 20 mai 2019

La revue Pan

La revue Pan a été publiée à Berlin de 1895 à 1900. La couverture portait cette belle représentation du dieu Pan :


Quelques-unes des illustrations, fort belles à mon goût, de ce recueil :






Source des illustrations : catalogue de la vente du 14 mai 2019 - Binoche et Giquello. La notice sur la revue dans ce même catalogue :
REVUE. - Pan. Berlin, avril 1895-avril 1900. 10 volumes in-folio, cartonnage toile crème, grande composition sur le premier plat, dos lisse orné (Reliure de l'éditeur).
Collection complète de la revue allemande Pan, l'un des fleurons graphiques du Jugendstill.
Fondée en 1895 à Berlin par le poète Otto Julius Bierbaum et le critique d'art Julius Meier-Graefe, cette revue d'art et de littérature fut publiée jusqu'en 1900.
La revue ouvrit ses colonnes aux premières publications de jeunes écrivains et artistes, et les estampes originales qu'elle comportait familiarisèrent le public avec les formes artistiques nouvelles: Peter Behrens, Otto Eckmann, Ludwig von Hofmann, Walter Leistikow, August Endell, Joseph Sattler, Fidus, etc. comptaient parmi ses collaborateurs réguliers. La typographie était simple et esthétique: composition en deux colonnes aux proportions harmonieuses, sur papier à la cuve de premier choix, vignettes accompagnant le texte, gravures tirées pleine page et présentées à part, conçues la plupart du temps non pas comme illustrations des textes, mais comme des œuvres indépendantes [...]. Mais la revue offrait aussi un forum à la nouvelle typographie: Henry Van de Velde y publia son essai en faveur d'une synthèse des arts, «Allgemeine Bemerkungen zu einer Synthese der Kunst» [...] (cf. Hoffstätter, Jugendstill et art nouveau, 1985).

dimanche 12 mai 2019

Homage to Cavafy by Duane Michals



Portrait of Cavafy haunted by the ghost of his desire.

L'ouvrage de ce jour est un petit recueil de onze photographies en noir et blanc constitué par le photographe Duane Michals en hommage au poète grec Cavafy. Une photographie est placée en introduction, puis les dix autres sont associées à autant de poèmes de Cavafy, dans leur traduction en anglais. Il n'y a pas de lien entre les deux : « The photographs and captions are not illustrative of Cavafy's poetry. They are separate and sympathetic. ». Duane Michals a complété ces photographies d'une légende, là-aussi sans lien apparent avec les poèmes en regard. Il y a tout de même une relation entre les deux, comme une résonance, de façon indirecte, par la présence de cet homme jeune et beau qui est comme le «ghost of his desire » du poète Cavafy. C'est pour cela qu'un souffle homoérotique traverse ce modeste ouvrage. Chacun pourra choisir la photo qui trouve un écho en lui-même. Pour moi, c'est clairement celle-ci, la première de la série des dix :



The son returned home in the afternoon, but it was too late.
The father had died in the morning.

Two friends are playing cards. One is cheating.

Just to light his cigarette was a great pleasure.

He was unaware that at the exact moment
he removed his undershirt, his body has grown to its perfection.
With his next breath, the moment has passed.

When he was young man, it seemed impossible
that he would ever grow old. Now that he is old, he cannot
remember ever having been young.

There was something between them which they had alwayse sensed,
but it would remain unspoken.

After his shower he dried himself
very carefully. And although he would never admit it,
it had all been for my benefit.

I saw you, but you didn't see me.
You looked right at me, but you didn't see me.
You would never see me.

I could read it quite clearly in his palm. There would be
a terrible tragedy. My love could not protect him.

The old man photographs the young man.

Description de l'ouvrage

Homage to Cavafy by Duane Michals
[Danbury (New-Hampshire)], Addison House, [1978], in-8° (210 x 152 mm), [48] pp, 11 photographies en noir et blanc, jaquette.

Jaquette de l'ouvrage.
Le titre intermédiaire est : « Ten Poems by Constantine Cavafy. Ten photographs by Duane Michals. »

La première photographie se trouve en regard de ce court texte introductif de Duane Michals :
Homage to Cavafy
Constantino Cavafy was a man of great feeling and even greater courage. His poetry was his life. And because he was a man who loved other men, he demonstrated his courage by making public these private passions. He lived then, as we still do today, among those brute people who would literally destroy him both physically and spiritually for the unforgiveable sin of loving the wrong person.
Despite this vulnerability, he wrote about the truth of himself with painful honesty, and the strength of his art protected him and freed others. I salute his courage and thank him for the gift of his life.
Ensuite, l'ouvrage contient une alternance de poèmes et de photographies. Comme on l'a vu, ces photos n'ont pas de liens directs avec les poèmes, mais toutes sont empreintes soit du charme du corps masculin, soit de la difficulté de se voir et de communiquer, les deux pouvant être réunis comme dans la dernière photo de l'ouvrage.

dimanche 28 avril 2019

Pierre et Gilles

Pierre et Gilles : Saint Pierre-Marie Chanel


Très beau documentaire sur Pierre et Gilles, que l'on peut découvrir jusqu'au 4 mai sur le site de France 5 :

https://www.france.tv/france-5/passage-des-arts/961375-influences.html
Pour accéder au documentaire, cliquez sur la photo (et passez le long tunnel de pub).

Je trouve que leur complicité artistique et amoureuse est émouvante.

En fouillant dans ma bibliothèque, j'ai retrouvé ces deux ouvrages sur ce duo d'artistes. Le premier brosse un panorama de l'œuvre complet, de 1976 à 1996. Cela permet de voir tous les aspects de leur travail, en même temps fidèles à leur style personnel et parfois différents des images les plus diffusées. Je le conseille à ceux qui veulent les découvrir. J'espère qu'un jour il existera la suite, de 1997 à aujourd'hui, avec la même qualité de présentation que nous offre l'éditeur Taschen.



Le deuxième est une collaboration entre Pierre et Gilles et l'historien des religions Odon Vallet :


Je suis sensible à la dimension religieuse d'une partie de la production de Pierre et Gilles. Certains pourraient penser qu'il s'agit d'un deuxième degré. Le reportage montre qu'il y a, à la base, une culture qui les a marqués fortement, plus profondément Gilles, semble-t-il. C'est pour cela que j'ai pioché dans ce livre l'image que j'ai placée en tête de ce message. A rebours de tout ce que l'on entend aujourd'hui, dans ce documentaire, Gilles dit :« La religion a été très importante. Elle m'a beaucoup apporté. J'y pense souvent. Elle ne m'a pas du tout, pour moi, fait de mal. Par exemple, par rapport à mon homosexualité, justement, elle m'a aidé très jeune, à l'accepter. »
Cette phrase m'a touché.

samedi 20 avril 2019

Glanes

Mattia Pretti (Taverna, 1613 - Malte, 1699) : Saint Sébastien

Carlo Sarrabezolles (1888-1971) : Centaure et Sirène
ensemble sculpté en ronde-bosse sur pierre
vers 1951-1952 (détail du Centaure).

André Maire (1898-1984)

Glané sur Internet. Je n'ai pas cherché le nom de ces deux frères sculpteurs qui font de la surenchère dans la sculpture d'un Lucifer aussi « hot ».


P.S.
Deux lecteurs du blog ont répondu à ma curiosité :
« Le Génie du Mal, ou Lucifer, installé en 1848, élément de la chaire de la cathédrale de Liège.
Première œuvre due à Joseph Geefs, retirée car d'un "attrait distrayant et d'une beauté malsaine"..., remplacée par une autre, réalisée par son frère ainé Guillaume Geefs (1805-1883). »
Il s'agit de la cathédrale Saint-Paul de Liège.

dimanche 14 avril 2019

Beautés militaires

Pour tous ceux qui ne sont pas insensibles à la beauté des garçons sous l'uniforme, quand, en plus, ils se parent du charme des photos anciennes, ce livre est pour vous :


On se demande comme ce marin délicat a vécu à bord des bateaux de la Royale :


Mes préférés :


La présentation du livre :


Si ce livre vous intéresse : cliquez-ici.

Pour ceux qui sont sensibles à un autre type de beauté :


dimanche 31 mars 2019

L'Age d'Airain, Auguste Rodin, 1877

J'ai toujours trouvé que cette sculpture d'Auguste Rodin était une des représentations les plus érotiques du corps masculin. Elle est traditionnellement connue sous le nom de l'Age d'Airain. Ce que j'ai découvert en préparant ce court messages est qu'il s'agissait de la première sculpture en bronze d'Auguste Rodin, datant de 1877. Il avait alors 37 ans.

Ce qui motive ce message est cette photo, dédicacée par Rodin, qui j'ai vu passer parmi mes nombreuses alertes et abonnements.

Source : Autographes des Siècles.

Je ne sais pas exactement de quel état de la sculpture il s'agit, mais je trouve le visage encore plus expressif que sur la copie en bronze la plus habituelle, comme celle que l'on peut voir, magnifiquement mise en valeur au musée Rodin.


lundi 25 mars 2019

Dessin

J'ai eu l'occasion de parler de Jean-Claude Lachnitt dans le message sur Les Mauvais Anges (cliquez-ici), dont l'exemplaire présenté provenait de sa bibliothèque. J'ai complété ma collection de livres avec cette provenance.

Le premier est un exemplaire de Les Amours dissidentes de Boris Arnold, livre dont j'ai déjà parlé sur ce blog : cliquez-ici. Jean-Claude Lachnitt, qui avait visiblement un beau coup de crayon, a illustré une page de titre intermédiaire d'un beau dessin qui croque, en quelques lignes, la beauté d'un corps masculin, au sexe absent, et pourtant très érotique.


Je m'interrogeais dans ce même message sur les liens entre Jean-Claude Lachnitt et Arcadie. Il a jugé bon de relier ce document dans un exemplaire de l'Histoire de l'amour grec dans l'antiquité, par L.-R. de Pogey-Castries [Georges Hérelle], 1930 (que j'ai chroniqué ici).



Il s'agit de l'achat d'une part de la société : Club littéraire et scientifique des pays latins, parfois connue sous le nom de CLESPALA, qui est en fait la structure juridique d'Arcadie. Ce reçu est d'ailleurs signé par André Baudry.