samedi 11 mars 2017

Jean Marais, par Christian Bérard

Pour remercier ceux qui ont aimé le message précédent et qui me l'ont fait savoir par leurs sympathiques commentaires, je vous offre cette semaine ce beau portrait de Jean Marais par Christian Bérard.



Il est mis en vente parmi un ensemble de souvenirs et d’œuvres de Jean Marais, qui est proposé aux enchères dans quelques jours (25 mars).

vendredi 3 mars 2017

Boris Kochno et Christian Bérard

Une maison de ventes aux enchères  propose des archives de Boris Kochno et Christian Bérard. Pour mieux connaître ces deux personnalités de la vie artistique et gay de l'entre-deux-guerres, j'ai reproduit la présentation du catalogue de vente en fin de message.

J'ai extrait ces documents qui m'ont plu, en particulier les dessins de Christian Bérard où, derrière la simplicité du trait, se dévoile une réelle fascination pour le charme masculin. Le premier dessin me semble parfaitement illustré mon propos. J'espère que vous partagerez mon choix.

Dessins de Christian Bérard :











Deux peintures de Christian Bérard:



Autres artistes :

Fernand Léger : nu masculin

Kliment Nikolaevich Red'ko : Portrait de Boris Kochno, pastel

Photos de Boris Kochno : 



Photo de Christian Bérard : 

 

Composition illustrant le catalogue de la vente :


Lien vers la vente : cliquez-ici.
Lien vers le catalogue : cliquez-ici.

Préface du catalogue : 

Bébé est le surnom que ses compagnons des académies de peinture de Montparnasse donnèrent à Christian Bérard, évoquant ainsi sa ressemblance avec le bébé rose, joufflu et souriant des publicités pour un célèbre savon pour enfant. C’est par ce sobriquet que le peintre Pavel Tchelitchev fit un portrait de ce personnage rocambolesque à Boris Kochno. Ce dernier le rencontra pour la première fois alors qu’il était encore en relation avec Serge de Diaghilev auquel Jean Cocteau et Henri Sauguet avaient vanté les talents du peintre Christian Bérard. Il envisageait de lui confier les décors pour La Chatte, le ballet en préparation en 1926 pour les Ballets russe de Monte-Carlo. Boris Kochno décrivait alors Christian Bérard en ces termes : « C’était un jeune homme replet, de taille moyenne. Il avait les cheveux blonds, une bouche souriante et des yeux clairs et lumineux au regard candide. Je m’aperçus bientôt que ce visage ouvert et plein de charme changeait complètement selon les sentiments qui l’animaient et qui, parfois, modifiaient brusquement ses expressions et ses couleurs. »

Après la mort de Diaghilev en 1929, Bérard et Kochno commencent leur collaboration avec le ballet La Nuit sur une idée de Kochno. Celui-ci fut présenté au Palace Theatre de Manchester un an plus tard. Bérard travaillait également à l’époque au portrait de Kochno. Il le rejoignait dans son atelier qui était alors encore au domicile des parents de Bérard dans un hôtel particulier Villa Spontini. La peinture apparaissait avoir une emprise sur Bérard tel que Kochno l’expliquait : « Il me semblait ne plus être seul avec Bérard... J’avais l’impression qu’un être occulte le secondait dans son travail, guidant sa main gauche qui maniait le pinceau, ou bien la retenant à mi-chemin lorsqu’elle s’avançait vers la toile. Bérard paraissait suivre les conseils de quelqu’un qui se tenait derrière lui et lui parlait à l’oreille, car, par moment, il s’arrêtait de travailler, se retournait comme pour écouter ce qu’il lui disait, puis s’exclamait, tapait du pied et recommençait à peindre avec furie. »

En parallèle de La Nuit, Bérard exécutait les décors de La voix humaine, pièce en un acte de Jean Cocteau dont la première eut lieu au théâtre de la Comédie-Française le 17 février 1930. C’est à ce moment que Bérard et Kochno s’installèrent ensemble au Marquis’s Hôtel, place Pigalle, pour ensuite rejoindre pour de nombreuses années le First Hôtel, place Cambronne. Suivront ensuite pour Bérard la création des décors et costumes du ballet Cotillon (1932) exécuté par la troupe des Ballets russe de Monte-Carlo, la Machine infernale (1934) mise en scène par Louis Jouvet au théâtre de la Comédie des Champs-Elysées , Margot (1935), une comédie humoristique avec une musique de Georges Auric et Francis Poulenc, La Septième symphonie (1938), un ballet dont le livret et la chorégraphie sont de Léonide Massine, Renaud et Armide (1942), tragédie en vers de Cocteau interprétée notamment par Marie Bell, La Folle de Chaillot (1943) de Jean Giraudoux, Les Forains (1945), dont la musique est de Henri Sauguet et la chorégraphie de Roland Petit. L’on se doit enfin de citer l’étroite coopération qu’il entretint avec Jean Cocteau les dernières années de sa vie en travaillant aux décors et costumes de célèbres films tels que La Belle et la bête, L’Aigle à deux têtes ou encore Orphée.

Christian Bérard et Boris Kochno c’est aussi l’histoire de la vie mondaine avant-guerre. Ils étaient proches et amis de nombreuses personnalités : Coco Chanel, Christian Dior, Elsa Schiaparelli, Misia Sert, les Noailles, la comtesse Pastré, Louise de Vilmorin, Jean Cocteau, Léonide Massine, Georges Balanchine, etc. Les fêtes auxquelles ils ont participé étaient toujours l’occasion pour Bérard de se déguiser. C’était en effet pour lui une échappatoire aux exigences du raffinement. Car bien que « doué d’un sens exceptionnel de l’élégance vestimentaire », Bérard était de manière générale négligé dans sa tenue. Il portait néanmoins un soin particulier à la rendre extravagante : « … vêtu d’une salopette délavée ou d’un bleu de travail rapiécé et maculé de couleurs. Parfois, il s’enroulait autour du cou un grand foulard bigarré et épinglait aux vestes d’ouvrier qu’il portait une rose ou un œillet… » Ainsi en témoignent les nombreuses photos conservées de lui.

Depuis leur nouvel appartement du 2 rue Casimir-Delavigne, Bérard et Kochno organisèrent leur quotidien. Celui-ci se rythmait par les voyages de Kochno à Londres ou leurs vacances à Tamaris (1931) et le refuge trouvé pendant la guerre chez Jean Hugo au Mas de Fouques, chez la comtesse Pastré au château de Montredon ou encore au Goudes où Kochno avait une petite maison. Cette vie était également alternée par les séjours de Bérard « prisonnier d’inavouables habitudes » à la Maison de santé de Saint-Mandé où Boris Kochno l’accompagnait toujours. La relation des deux hommes fut très forte comme témoigne la correspondance passionnée qu’ils entretinrent.

Christian Bérard est mort de façon précoce sur scène alors qu’il supervisait la mise en place du décor des Fourberies de Scapin au Théâtre Marigny. Boris Kochno recueillit les condoléances de toute la société du spectacle, foudroyée par la perte brutale d’un génie. Sa vie durant Boris Kochno se consacra à promouvoir le travail de son ami intime, en perpétuant ainsi la mémoire. Il participa ainsi à l’organisation des expositions au Musée National d'Art Moderne de Paris (1950), au Musée Cantini de Marseille (1973), et rédigea, outre les nombreuses publications auxquelles il a collaboré, un ouvrage qui lui est entièrement consacré (1987).

mercredi 4 janvier 2017

Meilleurs vœux pour cette année 2017


En ces temps troublés, pleins de bruits, de fureurs, mais aussi d'espoirs, il est toujours plus indispensable de se rappeler nos guides du passé. Certes, nous connaissons Gide (qui a l'honneur d'être un des auteurs du bac cette année), Cocteau, Genet, Jouhandeau, Lorrain, etc. Mais il est aussi nécessaire de rappeler à notre souvenir ces "obscurs" qui, par leurs écrits, ont apporté leur contribution à notre histoire.


En cette année 2017, j'aimerais rendre hommage à Pierre Guyolot-Dubasty (1898-1927) qui a fait publier un recueil de quelques contes homosexuels en 1924 sous le pseudonyme d'Axieros. Paru la même année que la première édition publique du Corydon de Gide, ce livre, encore un peu maladroit, est passé inaperçu. Même aujourd'hui, il est bien oublié alors que, par certains aspects, il s'avère plus moderne que le Corydon. J'espère pouvoir vous entretenir plus de ce livre dans les semaines qui viennent. J'espère aussi pouvoir terminer cette étude sur Pierre Guyolot, qui m'a déjà permis de trouver d'intéressants éléments sur sa vie.


vendredi 23 décembre 2016

Les petites joies du collectionneur de livres

L'amour des livres n'est pas exempt de fétichisme. C'est ainsi que j'ai acheté récemment un exemplaire de la première édition de Le Vieillard et l'Enfant de François Augiéras, publié en 1950 avec deux petites choses qui lui donnent tout son prix. La première est que la bande d'éditeur a été conservée. Vous connaissez tous ces bandes rouges (ce ne sont plus des bandes à proprement parler car elle ne sont plus fermées) que les éditeurs ajoutent aux livres comme publicités. Nombreux sont ceux qui s'empressent de les retirer et de les jeter. En pourtant, quelle satisfaction de trouver un exemplaire qui contient encore sa bande, comme celle qui entourait ce livre d'Augiéras!


Comme argument de vente, elle porte cette belle phrase d'encouragement d'André Gide : « L'intense et bizarre joie que j'éprouve à la lecture (et relecture) des ces pages remarquables entre toutes. »

Elle est un peu déchirée et salie, mais, peu importe, elle est là....

L'autre petit détail est que François Augiéras à ajouter son nom et son adresse de sa main sur la page de titre.


Là aussi, c'est un petit rien, mais cela donne un peu d'épaisseur à cet exemplaire, lorsque j'imagine François Augiéras penché sur l'ouvrage, traçant ces quelques lignes de son écriture un peu appliqué et maladroite, si caractéristique avec ce mélange de majuscules et minuscules dans les mots, comme dans son nom ou dans Périgueux.


C'est tout pour aujourd'hui. Pas de beaux garçons, mais l'envie de partager ce qui fait les petites joies de la vie du collectionneur de livres.

dimanche 18 décembre 2016

Glanes

Georges Desvallières (1861-1950) : Eros à la flûte de Pan, 1910

Henri François Riesener (Paris 1767 - 1828) :Académie de guerrier, le dernier des Horaces

Pierre Dumonstier l'aîné (vers 1553 - Paris, 1601) : 
Bernard Nogaret, seigneur de La Valette, amiral de France (1553-1592), vers 1584-1585



jeudi 17 novembre 2016

Cocteau et quelques autres

Aujourd'hui à Paris, ont été vendus ces quelques dessins, photos, etc.

Jean Cocteau : La Tache du Diable

Jean Cocteau : 3 têtes sous un même bonnet ” ou la Vierge au grand C… avec Léon Daudet et Étienne de Beaumont [Piquey 1917]

Jean Cocteau : Portrait de Jeune Homme de face et de profil.
Jean Cocteau : Les Deux acrobates.
Jean Cocteau : Beau dessin représentant Christian Bérard travesti.

Jean Cocteau : Homme nu assis.
Jean Cocteau : Dessin original à l'encre, signé avec envoi autographe, 1930, sur la couverture de la voix humaine. Profil “ À mon cher petit Jean [Bourgoin] ”.

Paul Stecker : Jean Cocteau et Raymond Radiguet au Piquey (Ancienne Collection Jacqueline Apollinaire)

Marcel dit “ Pas de Chance ”. Portrait photographique carte-postale avec envoi autographe, signé à Jean Cocteau. Très rare portrait “ en marin ” de celui qui se trouvera transposé dans Le Livre Blanc en 1928.

 Jean Cocteau et Darius Milhaud

vendredi 28 octobre 2016

Serge Lifar


Louis Marcoussis  (1878-1941) : Serge Lifar,  1933, Eau-forte et burin en noir et bistre