mardi 27 juin 2023

Jésus-la-Caille, illustré par G. Barret, 1946

Le roman de Francis Carco, Jésus-la-Caille, m'accompagne sur ce blog - et dans ma vie de bibliophile gay - depuis que j'en ai parlé pour la première fois il y a presque neuf ans. J'en avais alors proposé une lecture qui s'éloignait des éternels clichés sur le Paris interlope (Pigalle, prostitué.e.s, macs et Cie), pour mettre l'accent sur l'homosexualité et le sentiment amoureux entre hommes dans le roman (cliquez-ici).

Au fil de mes découvertes, j'enrichis ma bibliothèque avec les différentes et nombreuses éditions illustrées. La dernière en date est celle qui a été publiée Aux Éditions du Livre, à Monte-Carlo, en 1946. Elle contient neuf gravures en couleurs par Gaston Barret (1912-1991).

Il m'a fallu faire un montage à partir de trois planches pour obtenir l'image de Jésus-la-Caille que veut restituer G. Barret. En effet, bien qu'étant le personnage principal du roman, il est presque absent des illustrations. Il est vrai que l'époque n'était guère à la célébration ni de la masculinité équivoque qui était celle de Jésus-la-Caille, ni de la transgression des genres que l'on perçoit parfois dans le roman. En définitive, les choix de l'illustrateur - ou de l'éditeur - sont sages et conventionnels. Ils ne tendent qu'à refléter l'image convenue du monde des mauvais garçons de Montmartre. Cette image n'est pourtant pas fidèle au monde de Jésus-la-Caille d'avant la Première Guerre mondiale, à Pigalle. Elle n'est pas plus fidèle au Pigalle des années quarante.

Dommage. Cela veut dire qu'il y a encore une place pour une illustration du roman qui donne à Jésus-la-Caille toute l'importance qu'il a dans le roman, qui nous restitue son homosexualité, son amour pour Bambou, autrement dit, une illustration qui donne toute la dimension gay du roman comme l'a voulue Francis Carco. Je vous renvoie à ce que j'en disais en 2014 et 2019, en particulier à propos de la première édition et de la transformation subie avec la deuxième édition de 1920.

 




Description de l'ouvrage

Francis Carco
Jésus la Caille
Illustrations de G. Barret
Monte-Carlo, Aux Éditions du Livre, [1946], in-8° (192 x 140 mm), 277-[2] p., 9 gravures en couleurs, dont une en frontispice.

Tirage : 3 000 exemplaires sur grand vergé.


lundi 12 juin 2023

Beautés Masculines, un nouvel ouvrage de Nicole Canet

Nicole Canet poursuit son travail de mémorialiste de l'image masculine en publiant un très bel ouvrage, tant par le contenu que par la qualité des reproductions : 

Beautés Masculines
Portraits et Nus
Photographies 1848-1990

Cette parution est accompagnée par une exposition jusqu'au 29 juillet.

Lien vers l'ouvrage et sa présentation : Beautés masculines

J'aime beaucoup la photo de Jean-Daniel Cadinot qui illustre la couverture. Si, dans l'ouvrage, je devais n'en choisir qu'une, ce serait celle-ci :


 


mercredi 31 mai 2023

Adonis-Bar, de Maurice Duplay, 1928 et La Petite Chaumière

J'ai de nouveau le très grand plaisir de partager avec vous cette réédition d'Adonis-Bar, de Maurice Duplay, paru en 1928, dont j'ai pris en charge la présentation, les notes et, surtout, un dossier important sur La Petite Chaumière  (1921-1939), le premier cabaret de travestis à Paris. Situé à Montmartre, il a eu une telle renommée pendant quelques années que son nom est devenu synonyme d'homosexualité. J'ai rassemblé presque une trentaine de textes qui l'évoquent. Maurice Duplay s'en est très largement inspiré pour ce roman.


 

L'histoire romanesque et réelle de ce lieu mythique, La Petite Chaumière , sera disponible au stand GayKitschCamp :

  • Au 1er salon du livre Pride edition de Montpellier les 3 et 4 juin, Espace Akashik, 3ter rue des Pins (arrêt tram St Denis), de 10 à 17 h.
  • A la Paris Ass Book Fair, les 9 juin de 17h à 21h, 10 juin de 12h à 20h et 11 juin idem, au Palais de Tokyo, Paris (je serai présent sur le stand)
  • Et présenté à la librairie Les Mots à la Bouche, 37 rue Saint-Ambroise, Paris, le 23 juin à 19 h, par Patrick Cardon et Jean-Marc Barféty

Le livre peut être commandé sur : 

https://www.helloasso.com/associations/gaykitschcamp-cardon/boutiques/catalogue

Les "dames" de La Petite Chaumière vous attendent :



lundi 21 mars 2022

Expositions Proust à Paris

En cette année 2022 qui marque le centenaire du décès de Proust, de nombreuses expositions sont organisées.

Je vais commencer par la plus sympathique, car elle est un peu "en-dehors" des circuits officiels et pourtant elle décline quelques-uns des aspects du monde de Proust à travers une belle sélection de dessins et de photos. Il s'agit de la nouvelle exposition de Nicole Canet, en sa galerie "Au Bonheur du jour". J'en extrais ces quelques images qui, j'espère, vous donneront envie d'aller la voir.


Arthur Chaplin (1869-1935), Les valets de pied,
Monsieur choisit ses bottes
, 1888
Aquarelle sur papier avec rehauts de vernis

La Journée des Drags (1922), par Branger

L’Hôtel Marigny, 11 rue de l’Arcade à Paris où Proust s’est fait interpeller le 11 janvier 1918, attablé avec deux militaires et le tenancier de cette maison d’hommes, tenue par Albert le Cuziat. Collection Raimondo Biffi.

Je trouve cette exposition particulièrement belle et réussie. Pour plus de renseignements, suivez-ce lien : cliquez-ici.

L'autre exposition, incontournable, se trouve au musée Carnavalet (cliquez-ici). Elle a lieu jusqu'au 10 avril. Je vous conseille donc de vous dépêcher d'aller voir cette impressionnante réunion de documents. J'ai particulièrement aimé les peintures qui évoquent le Paris de Proust et la société mondaine et élégante. Mais Proust n'étant pas que cela, on y découvre ses familiers, son univers personnel, ses amis, sa servante (très bel extrait de l'entretien avec Céleste Albaret, qui, je crois, est aussi disponible sur Youtube).

La chambre de Marcel Proust (source : Musée Carnavalet).

Et pour ceux qui ne l'auraient pas encore fait, il ne vous reste plus qu'à le lire. J'ai retrouvé l'exemplaire défraichi dans lequel j'ai découvert Proust en 1980.


dimanche 6 mars 2022

Glane

Renouant avec un usage que j'ai un peu délaissé ces derniers temps, je vous partage cette gravure découverte au gré de mes chines numériques.

La Victoire, gravure de Marià Fortuny (1838-1874), 1869.

Ce jeune homme portant une victoire ailée m'a immédiatement rappelé cette célèbre photo de Plüschow. Certains disent que le modèle en serait Nino Cesarini, l'amant de Fersen.